Essaye De Ne Pas Rire 2014 Impala

“Il n’y a rien de plus con qu’un fan de rock” : Nicolas Ungemuth m’avait consolé de ces mots il y a quelques mois, tandis que je pansais mes plaies après la parution d’un papier évoquant la mort de ce mouvement musical et culturel. Les réactions de haine déclenchées suite à cette publication m’avaient d’autant plus surpris que je n’énonçais rien de bien neuf. La formule méritait d’être donc complétée ainsi: “Il n’y a rien de plus con et conservateur qu’un fan de rock”.

Je ne parviens pas à comprendre comment un mouvement qui voulait tout casser et changer le monde il y a moins de cinquante ans ait pu devenir aussi mortifère en se référant constamment au passé et en refusant toute critique. Tous à la Philharmonie ! D’ailleurs ces derniers jours j’ai accompli un truc un peu honteux : je me suis rendu à l’exposition David Bowie qui se tenait à la Philharmonie de Paris. J’ai mis un faux nez et une barbe postiche car j’avais autant envie d’être vu à cette exposition qu’au premier rang à un concert du gérontophile Jack White. J’étais circonspect avant de me rendre à cette commémoration : quel intérêt à aller admirer des manuscrits de chansons quand Bowie chante des fadaises sur des araignées venues de Mars ou sur le “temps qui prend une cigarette pour la mettre dans ta bouche” ?

Et bien figurez-vous que c’était vachement bien : déjà, il n’y avait pas tant de mecs ressemblant à Woodkid que ça, et je me suis senti à l’aise en dépit de mon faux nez qui se faisait la malle. La bonne nouvelle, c’est que les colloques et tables rondes animés par des mécheux ringards et dévots n’étaient pas obligatoires : ouf ! Cette exposition est un vaste bordel dans lequel la chronologie n’est que vaguement respectée. Cela commence de manière académique, avec une présentation des influences de Bowie : il y a l’incontournable pochette de “Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band” qui est loin d’être le meilleur disque des Beatles et qu’on nous ressort à toutes les sauces. C’est sclérosant. Passé ce début convenu, on voit plein de choses intéressantes que je ne détaillerai pas ici parce que ça serait aussi passionnant à lire qu’une chronique de concert des Stones.

Même réussie, cette exposition nourrit la réflexion sur le rapport aux vieilles gloires du rock et la place qui leur est accordée dans nos vies.

Si Paris vaut bien une messe, David Bowie méritait-il cette commémoration et tous ces livres qui lui sont consacrés et qui envahissent les librairies ces temps-ci ? La Philharmonie n’est qu’une étape de cette procession ante-mortem mondiale, après Londres, Berlin et Chicago notamment. Le système médiatique – je n’ai pas trouvé mieux que ces termes, qu’on me pardonne… – est-il si pressé qu’il lui faille anticiper la mort des icônes pop pour satisfaire le public ? Des chapelles ardentes virtuelles ont illuminé les réseaux sociaux en 2013 à la mort de Lou Reed. L’émotion collective était telle qu’elle aurait valu le mépris de cette vieille bique misanthrope si elle avait été encore de ce monde.

La mort des célébrités est devenue une aubaine pour meubler le quotidien, la ferveur qui se produit dans ces moments-là permet aux fidèles de prier et de se recueillir, tout en partageant le sentiment de deuil qui les submerge. Une façon aussi de marquer son appartenance à telle ou telle sphère culturelle : en me foutant de la gueule de Framboisier des Musclés à sa mort et en rendant hommage à Kim Fowley, je prouve au monde que je suis curieux et plus instruit que le péquin moyen. Le deuil d’un rocker ou d’une personnalité, c’est l’une des dernières aventures collectives de l’époque actuelle, et les disparitions à venir de Paul McCartney, Neil Young, Brian Wilson, Iggy Pop et Bowie créeront certainement une émotion encore plus importante que celle remarquée à l’occasion de la mort de Reed. On va en baver et vivre l’enfer.

Paul le Beatle est mort ! A 89 ans, rendez-vous compte, ce n’est pas un âge pour mourir, j’ai l’impression d’avoir perdu mon père..#JesuisPaul.”

Nous serons tous des Paul McCartney cette semaine-là et ça ne sera pas beau à voir. La veillée funèbre organisée par les gardiens du temple seront un long tunnel chiant comme la chiasse.

Au moins quand Jean-Philippe Smet mourra aurons-nous notre journée de deuil national, petite consolation pour nous faire oublier la perte de cet immense artiste. J’en viens à avoir hâte que tous les rockers de l’âge d’or y passent pour qu’on puisse enfin parler d’autre chose et faire table rase du passé, et je suis convaincu que leurs héritiers pensent la même chose, même si ce ne sont pas pour les mêmes raisons. La génération des baby-boomers ne pèse pas que sur le monde des affaires, de la politique et des médias, mais aussi sur l’art et la musique. Je suis sûr que les gens sentaient mauvais à Woodstock et que toutes les femmes avaient des écureuils sous les bras. Du balai, il est grand temps de passer la main, même si je doute que le public ait envie d’oublier ces idoles. Tous sont aussi coupables, les rockstars comme leurs fans. Aujourd’hui, les vieux punks vont à la Philharmonie pour se recueillir devant les reliques de leur idole, tout comme moi, tandis que les barbares de Daech brûlent des œuvres d’art et des instruments de musique. Ce sont eux, les punks contemporains, même s’ils se défendraient bien d’être nihilistes.

Comment en est-on arrivé là ?

Le rock est devenu un truc très normé, une religion polythéiste avec de multiples divinités, son dogme, ses coutumes, à mille lieues des ébats primitifs des débuts. Ce qui était initialement une vaste pantalonnade s’est transformé en sujet sérieux avec lequel on ne déconne plus. Plus le temps passe, et plus les vieilles gloires sont présentes : on n’a jamais autant parlé de Ian Curtis et de Morrissey qu’en ce moment, alors que le premier est mort il y a trente-cinq ans et le second n’est plus que l’ombre de ce qu’il a incarné. Le mouvement, si on peut encore le désigner ainsi, est régi par toutes sortes de règles qui le rendent chiant à mourir. Une amie à qui je demandais si elle envisageait d’aller à la Philharmonie m’a répondu ceci : “Je ne peux pas saquer Bowie, je déteste sa voix. Bien sûr, je ne le dirais jamais ouvertement sur Facebook, parce que tout le monde me tombera dessus.” Voilà où nous en sommes.

Les fans d’Elvis sont connus pour être tarés et voici ce qu’en dit Laurence Romance, journaliste et épouse de Nick Kent : “Dans le cadre d’une émission à Memphis pour les trente ans de la mort du King en 2007, le président du fanclub français se lève et prend la parole : « On fait la confusion entre les mots drugs et drugstore, et je peux vous affirmer qu’Elvis ne se droguait pas, on parle bien de quincaillerie ». Ils sont totalement révisionnistes”. Quant au public de Michael Jackson, il ne vaut pas mieux : “Lorsque Nick a chroniqué “Invicible” pour Libération, qui est un album merdique, des coups de fil et des lettres d’insultes ont occupé le standard et le service courrier de Libé pendant quelques semaines. Les fans étaient fumasses et voulaient vraiment lui casser la gueule !” La folie touche tous les fans, et pas seulement ceux du King et de Bambi.

Et c’est sans compter les débats savants et interminables sur le poids attendu d’un disque vinyle, la qualité du son d’une Rickenbacker, etc. Le rock est devenu un truc d’érudits : Greil Marcus a fait des émules, lunettes écaille et balai dans le cul. Le manque d’inspiration de l’époque actuelle pousse à se référer constamment au passé, encore et toujours. Ecouter du rock n’a plus rien de cool et transgressif : si Hitler était né un siècle plus tard, il serait probablement fan de Laibach et Burzum. Et probablement de Morrissey. Je rêve d’un anti-dictionnaire du rock qui remette les pendules à l’heure. Cela donnerait quelque chose ressemblant à ça :

A.

“Astral Weeks” : album le moins nul de l’Irlandais Van Morrison dont la voix ferait passer une chèvre agonisante pour Barry White.

B.

Les Beatles : groupe qui a réuni les mecs les plus mal sapés de l’Histoire. Leur succès mondial a permis au guitariste et chanteur John Lennon de se prendre pour un grand penseur de son temps. Certaines de leurs chansons sont parmi les plus pénibles jamais écrites (Revolution 9, Yer Blues, Yesterday, Within You, Without You par exemple). Leur bassiste est un vieux monsieur qui se teint les cheveux.

C.

Cale (John) : violoniste du Velvet Underground, ce groupe qui a inspiré les formations les plus nulles et neurasthéniques de la galaxie. Leur leader Lou Reed a fait croire à un tas de connards qu’écrire des textes déprimants et les ahaner était à la portée de tous. Merci bien !

Et ainsi de suite. Cela pourrait même être l’occasion de réhabiliter certains trucs. A la lettre D, par exemple, on trouverait :

Duran Duran : plus grand groupe britannique des années 80. Les deux premiers albums, “Duran Duran” et “Rio”, contiennent des chansons remarquablement écrites et interprétées (le jeu de basse de John Taylor mérite franchement le détour, il aurait pu donner des cours de basse à John Entwistle des Who). La personne qui s’attèlerait à un tel chantier serait aussi courageuse que Charb et Salman Rushdie réunis, la foule serait sans pitié. A ce petit jeu-là, je passe mon tour.

The Idiot ?

Au 19ième siècle en Angleterre, des artistes convinrent de réconcilier morale et esthétisme dans la peinture. Ils estimaient que Raphaël avait contaminé l’art de leur temps par ses toiles grandioses et contraires à la simplicité qu’ils souhaitaient retrouver. Ils remontèrent l’histoire de l’art pour s’inspirer du travail des maîtres italiens du 15ième siècle, avant Raphaël donc et c’est logiquement que ce mouvement fut nommé le Préraphaélisme. S’il y eut une volonté louable de sortir du conformisme ambient et quelques jolis tableaux, le Préraphaélisme s’est mis dans une impasse, à se référer constamment à des œuvres peintes 400 ans plus tôt. Puis vinrent les Impressionnistes dont le travail tout en nuance et basé sur leurs sensations, fut une révolution : ils ont botté le cul des conservateurs et fait un formidable saut vers l’avant. Les postimpressionnistes Cézanne, Van Gogh et Gauguin ont prolongé la réflexion et leur descendance artistique a donné respectivement naissance au cubisme, à l’expressionnisme et à certaines formes de primitivisme. Tout ça donna l’art moderne, après une période de stagnation longue au cours de laquelle plus rien d’intéressant ne se produisait (la majeure partie du 18ième siècle).

Et bien les conservateurs du rock me font penser aux préraphaélites qui regrettent une période passée et ne parviennent pas à s’en détacher.

Joseph Mount, leader de Metronomy, nous avouait récemment ne pas connaître “Station to Station” quand on lui a fait remarquer que sa chanson Love Letters présentait des similitudes avec le titre éponyme. Sa réponse était désarmante sur le coup, mais plutôt saine quand on y réfléchit : Mount ne passait pas son temps à se palucher sur des vieux disques datant du Paléolithique mais consacrait son temps à écrire de bonnes chansons. Les disques de Metronomy sont excellents parce que son leader n’étouffe pas sous les influences. A contrario, Tame Impala est parvenu à sortir un excellent premier album archi-daté : les photos de ses membres, finement filtrées, pourraient avoir été prises à la fin des années 60. D’ordinaire, ces groupes sont ringards et se prennent les pieds dans le tapis à faire de la musique de vieux. Le phénomène n’est pas nouveau : les punks renouaient avec le rock sauvage des débuts quand la britpop singeaient ses aînés des sixties.
Pire, quand les vieux groupes s’éteignent, des tribute bands se créent pour rejouer des albums entiers dans des palais des congrès : Led Zeppelin, Queen, Pink Floyd… L’enfer sur terre ! Si c’est ça l’avenir du rock, je préfère écouter de la viole de gambe. Joseph Mount a quand même un tort : il passe à côté d’un très grand disque. “Station to Station” est une merveille.

bowiemort du rockNiveau 2

Nouvelle signature de 4Ad, Methy Ethel est avant tout le projet de l’australien Jake Webb qui a bricolé dans sa chambre “Oh Inhuman Spectacle”, un album de pop psychédélique passionnant. Déjà reconnus en Australie, ils étaient jusque là connus de quelques initiés en Europe. Nous avons rencontré le groupe au complet à quelques heures de leur concert parisien afin de percer le mystère d’un groupe qui jusque-là a souvent préféré l’anonymat et le silence pour mieux se consacrer à sa musique.

Tu as commencé à jouer de la batterie à l’école dans des groupes de Jazz et de Swing. Comment t’es venue l’envie d’apprendre d’autres instruments ?

Jake Webb : En fait j’ai commencé par la clarinette. Je prenais même des cours. Ce n’était pas considéré comme cool quand je suis arrivé au lycée. En parallèle, j’ai tout de même commencé à jouer de la guitare à 12 ans quand mes parents m’en ont offert une. Bref, il y avait trop d’excellents guitaristes au lycée, je me suis dit qu’il serait peut être intéressant de tenter quelque chose de nouveau. C’est comme ça que je me suis retrouvé derrière une batterie. Ma grande sœur était plus orientée sur le piano. Elle en jouait à merveille, mais surtout elle m’en a appris les bases. Pour chaque nouvel instrument que je pratique, elle reste ma référence. Je veux au minimum être aussi bon qu’elle. Mes parents regardaient ma passion pour les instruments d’un œil amusé, ils la considéraient comme un hobby.

Tu as joué dans plusieurs groupes avant de sortir tes chansons sous le nom de Methyl Ethel. Pendant cette période, composais-tu déjà des titres que tu mettais de côté avec l’idée de monter un projet parallèle ?

J.W. : J’avais déjà un groupe quand j’ai commencé à écrire le premier EP de Methyl Ethel. J’étais frustré car nous étions en studio et ça partait dans tout les sens. Chacun donnait son opinion, et à l’arrivée personne n’était jamais d’accord. Pour décompresser, je me suis fixé un objectif : composer un EP dans mon coin avant la fin de l’enregistrement avec le groupe. Et j’y suis arrivé. C’est comme ça que Methyl Ethel est né. J’ai bien fait car mon ancien groupe a splitté peu de temps après.

Vous venez de Perth en Australie. Il a suffit d’un seul groupe qui éclate au grand jour pour que les médias tentent de créer un buzz autour d’une pseudo scène locale et présenter cette ville comme l’un des plus cool du moment. J’ai des amis originaires de cette ville qui ont tout fait pour la quitter tellement la vie là-bas leur paraissait ennuyeuse. De votre côté, êtes-vous contents de pouvoir vous en échapper grâce aux tournées du groupe ?

(à l’unisson) Clairement !

Chris Wright : Oui car nous en avions déjà marre de sortir tout le temps aux mêmes endroits, de croiser les mêmes têtes. Tourner est une excellente échappatoire.

Thom Stewart : Par contre, quand tu reviens épuisé après plusieurs semaines d’absence, ça te fait le plus grand bien de retrouver le calme que l’on cherche à fuir en temps normal !

J.W. : Par contre, je partage ton analyse sur le buzz autour de cette ville. La scène locale est minuscule, tout le monde se connaît. Certes, Tame Impala bénéficie d’une surexposition, mais ça ne veut pas dire que le prochain groupe de cette envergure va sortir de Perth.

Le groupe avait sorti deux EPs, "Guts" et "Teeth" en 2013. A l’époque, tu voulais un groupe qui ne jouerait pas en concert et dont personne ne connaitrait le visage. Pourquoi avoir changé d’avis depuis ?

J.W. : Au début, je voulais juste utiliser Methyl Ethel comme un média me permettant de voir si j’étais capable d’écrire des chansons dont je serais fier et de les sortir sur disque. Ne pas montrer mon visage avait surtout pour but de limiter mon exposition médiatique car j’étais en quelque sorte dans une phase de test. Puis j’ai cédé pour jouer un concert, et j’y ai étonnamment pris du plaisir. Si ça n’avait pas été le cas, j’aurais stoppé net. La règle du groupe est de faire les choses uniquement parce que nous voulons prendre du bon temps, pas par obligation.

C.W. : Nous nous sommes d’ailleurs rencontrés en jouant live avec nos groupes respectifs.

Tu as commencé à composer l’album au Fender Rhodes. Pourquoi cette décision ?

J.W. : Ce n’était pas exactement un Fender Rhodes, mais plutôt une pâle imitation. J’ai saturé de la guitare à une période, je me suis plutôt orienté vers un mode d’écriture au piano. C’était une sorte de challenge que je me suis imposé. Et finalement j’ai fini par rajouter des tonnes de guitares (rire). Mais à l’arrivée ça aura tout de même servi à apporter une structure différente aux chansons. Je déteste me répéter.

La prochaine fois tu pourras tenter de commencer par écrire les parties de batterie, ce serait un vrai challenge ! (rire général)

J.W. : Mais pourquoi pas ! Tu sais que ça m’a intrigué car j’ai récemment lu un article sur un groupe dont je ne me rappelle plus le nom. Leur leader a expérimenté en commençant à écrire des morceaux à la batterie.

Les titres de l’album ne se limitent pas à un seul style. Est-ce un moyen pour toi de ne pas te lasser ou bien cherches tu a surprendre l’auditeur ?

J.W. : Principalement pour ne pas m’ennuyer. J’ai conçu ce disque comme les albums que j’aime écouter. Avec un peu de recul, il part peut-être un peu dans tous les sens, mais il y a tout de même une cohérence qui s’en dégage. Je le compare souvent à une bande originale de film, comme celles de Tarantino, avec des humeurs différentes.

En termes de son et de production, il y a également des variations. Est-ce parce que tu as enregistré l’album dans des endroits ou du matériel différent en fonction des titres ?

J.W. : Il a été enregistré dans plusieurs chambres, sur du matériel que j’empruntais, ce qui explique les variations. J’aime penser que c’est un patchwork de sons représentatifs des lieux où je l’ai enregistré. Tu sais tout a été fait en système D.

L’album a été enregistré dans des chambres avec les moyens du bord, et vous vous retrouvez aujourd’hui sur un prestigieux label. Comment avez vous fini par être signé par 4AD ?

C.W. : Nous avons joué au CMJ Music Marathon à New York en octobre dernier. Nous ne le savions pas, et c’était sans doute mieux comme ça, mais un représentant du label était dans la salle. Le concert lui a plu et il est venu nous rencontrer à la fin du set. Ils ont continué à nous suivre occasionnellement pendant plusieurs semaines avant de finalement nous signer.

J.W. : Il est inutile de préciser que nous n’en revenions pas, j’étais même un peu effrayé à l’idée de signer avec une telle maison de disques.

T.S. : De mon côté, j’essaie de ne pas trop y penser (rire).

Si l’on doit trouver un point commun à toutes ces chansons aussi diverses qu’elles soient, c’est un sens de la mélodie incroyable. Est-ce pour toi la condition indispensable à la réussite d’une pop song ?

J.W. : (flatté) Oui, c’est la base de toute chanson réussie pour moi. C’est aussi ce qui m’apporte le plus de plaisir. J’adore utiliser des variations entre des mélodies très sombres, d’autres un peu too much. Nous serons toujours définis comme un groupe pop car je n’ai pas envie de m’orienter vers un autre style d’écriture pour l’instant. D’Abba à Cocteau Twins, j’aime quand la mélodie est au centre de la musique.

Tu composes les titres du groupe seul. Laisses-tu à un moment des intervenants extérieurs apporter leur contribution au moment de l’enregistrement ?

C.W. : Nous avons rejoint le groupe au moment où il a fallu commencer à donner des concerts. Nous avons aidé à la construction du son en live. Jake n’aurait pas pu continuer à tout faire seul, se produire sur scène en homme orchestre aurait été trop stressant pour lui (rire).

J’imagine que vous avez commencé à travailler sur le véritable premier album pour ce label. Pourrais-tu nous en dire plus sur ces nouvelles chansons ?

J.W. : L’album est quasiment terminé. Toutes les chansons sont enregistrées, l’artwork est prêt, nous avons même déjà le nom du disque. Il ne reste plus qu’à terminer le mixage. J’ai vraiment hâte de dévoiler ces nouveaux titres, j’en suis vraiment fier. Pourtant, je sais que dès qu’il sera sorti, je serai uniquement obsédé par l’écriture du prochain (rire). En attendant, un single sera disponible à la fin de l’année, et l'album sortira en 2017.

Jake, tu écoutes beaucoup de musique classique. Comment y as-tu été initié ? Est-ce un refuge pour toi quand tu satures du rock ?

J.W. : C’est plutôt lié à ma passion pour les mélodies. Je recherche sans arrêt un moyen d’approcher les mélodies différemment, et le classique m’inspire beaucoup en ce sens. J’aime son côté intellectuel, ça me motive pour continuer à apprendre et à progresser. J’ai encore tellement à apprendre.

Pourrais-tu nous citer quelques compositeurs que tu apprécies particulièrement ?

J.W. : J’écoute beaucoup le courant minimaliste,  Ravel, les concertos de piano, Rachmaninov, Chopin, Debussy.

T.S. : J’en écoute pas mal également. Je n’ai jamais compris les gens qui disent que ce style les endort. Il y a tellement d’intensité que ça produit l’effet inverse sur moi.

Pourrais-tu nous en dire plus sur la pochette ? Pourquoi ne pas avoir voulu y faire apparaître le nom du groupe ni le titre de l’album ?

J.W. : Cette photo est extraite d’un magazine des 70’s consacré aux fleurs. J’ai emménagé dans une chambre dans laquelle le précédent locataire avait laissé cette photo dans un cadre. J’aime le côté asymétrique de cette composition florale japonaise. C’est en quelque sorte devenu la “muse” de l’album car cette image m’a obsédé. J’ai rapidement su qu’elle deviendrait la pochette du disque.

C.W. : Je l’ai ensuite bricolée avec les moyens du bord pour en faire une pochette. Nous n’avons pas voulu faire apparaître le nom du groupe pour ne pas distraire le regard de la pochette. Notre volonté était de garder un aspect intriguant.

T.S. : Surtout maintenant que le vinyle effectue son grand retour. Une pochette est une œuvre d’art en soi et le format vinyle lui rend mieux justice.

La vidéo de “Rogues” utilise de vieux enregistrements maison, visiblement de touristes visitant Paris. Pourrais-tu nous expliquer le sens de ce clip ?

J.W. : Ce titre sonne nostalgique, il fait beaucoup référence aux images. J’ai trouvé les extraits vidéo utilisés pour illustrer le titre sur un site en accès public. Ce sont des extraits de films tournés au caméscope par un américain en vacances à Paris. Le type est plutôt connu, il a même une vidéo dans laquelle Steve Martin apparaît avant qu’il soit connu. Je trouvais juste que cette vidéo en particulier se mariait à la perfection avec “Rogues”. J’ai contacté la famille et ils ont donné leur accord. J’avoue qu’elle est un peu étrange (rire).

Crédit Photo : Nina Airtz

Merci à Sébastien Bollet

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